CROSSING VIEW

FONDATION LOUIS VUITTON

La Fondation Louis Vuitton présente une vaste rétrospective (1975-2020) à la photographe américaine Cindy Sherman. 300 photos divisées en 18 séries retrace toute la carrière de la photographe américaine qui n’avait pas été exposée en France depuis 14 ans.
Cindy Sherman, à travers ses selfies avant-gardistes, critique les modèles sociaux et sexuels en se travestissant pour incarner différents personnages. L’exposition permet de remarquer que le travail de l’artiste baby-boomer se caractérise d’abord par son rapport à la pop culture américaine.

The Louis Vuitton Foundation presents a vast retrospective (1975-2020) to the American photographer Cindy Sherman. 300 photos divided into 18 series retraces the entire career of the American photographer who had not been exhibited in France for 14 years.
Through her avant-garde selfies, Cindy Sherman criticizes social and sexual models by dressing up to embody different characters. The exhibition highlights that the work of the baby boomer artist is characterized first and foremost by its relationship to American pop culture.

FLAPERS (2016-2018)

Cindy Sherman qualifie de flapers (garçonnes) les personnages qu’elle incarne dans cette série. La série se situe dans l’entre-deux-guerres à l’époque de l’âge d’or d’Hollywood. Une parenthèse enchantée avant le krach de 1929 et l’avènement du cinéma parlant.
Cindy Sherman describes the characters she plays in this series as flapers. The series is set in the interwar period during the Golden Age of Hollywood. An enchanted break before the crash of 1929 and the advent of talking cinema.

REAR SCREEN PROJECTIONS (1980)

La rear projection est un effet spécial employé dans le cinéma à partir des années 30 pour se substituer à un décor. Les acteurs jouaient devant un écran sur lequel une scène en mouvement était projetée par l’arrière. Hitchcock utilisait souvent ce procédé.
Rear projection is a special effect used in cinema from the 1930s to replace a set. The actors performed in front of a screen onto which a moving scene was projected from behind. Hitchcock often used this process.

EARLY WORKS (1975-1977)

Les oeuvres de jeunesse de Cindy Sherman constituent la matrice de son travail. Dans A Cindy Book, une album de photos d’enfance, elles inscrit sur toutes les images la représentant « it’s me! », affirmation narcissique qui se poursuit par une quête identitaire.
Cindy Sherman’s early works constitute the matrix of her work. In A Cindy Book, an album of childhood photos, she inscribes on all the images representing her « it’s me! », a narcissistic affirmation that continues with a quest for identity.

A PLAY OF SELVES (1975)

Cette installation composée de 72 scènes marque une nouvelle phase dans le travail de Cindy Sherman. Elle aborde la fiction en multipliant les personnages et en imaginant un scénario : un drame sentimental traitant de la séduction et de la jalousie. En jouant tous les rôles, elle déploie son imagination et son sens de l’humour.
This 72-stage installation marks a new phase in Cindy Sherman’s work. She approaches fiction by multiplying the characters and imagining a scenario: a sentimental drama dealing with seduction and jealousy. By playing all the roles, she deploys her imagination and her sense of humor.

CENTERFOLDS (1981)

Le format des photos de cette série est inspiré des pages centrales des magazines de charme. Mais ici, pas de sex appeal, ce sont des jeunes filles rêveuses, fragiles, amoureuses comme celle qui attend un coup de téléphone. Cindy Sherman piège le regard et nous invite à scruter une intimité distante.
The format of the photos in this series is inspired by the central pages of charming magazines. But here, no sex appeal, girls are dreamy, fragile, in love like the one waiting for a phone call. Cindy Sherman traps the gaze and invites us to examine a distant intimacy.

FASHION (1983)

Cindy Sherman réalise une série destinée à faire la promotion de la boutique Dianne B dans le magazine Interview. Elle amplifie l’ambiguïté des créateurs de mode et livre une galerie de personnages absents, agressifs ou extraordinaires.
Cindy Sherman is directing a series intended to promote the Dianne B boutique in Interview magazine. She amplifies the ambiguity of fashion designers and delivers a gallery of absent, aggressive or extraordinary characters.

PINK ROBES AND COLOR STUDIES (1982)

L’artiste livre des versions très différentes d’elle-même, l’une en garçonne, deux autres en jeune fille très féminine. Beaucoup ont voulu voir dans cette série la véritable Cindy Sherman, pourtant les images sont totalement fabriquées.
The artist shows us very different versions of herself, one as a boyish, two others as a very feminine girl. Many wanted to see the real Cindy Sherman in this series, yet the images are totally fabricated.

FASHION (1994)

Ces shootings pour Comme des Garçons ou Harper’s Bazaar montrent que le vêtement est un élément déterminant dans la construction des images et identités de Cindy Sherman. Les costumes deviennent méconnaissables et s’intègrent à l’imaginaire de l’artiste.
These shootings for Comme des Garçons or Harper’s Bazaar show that clothing is a determining element in the construction of Cindy Sherman’s images and identities. The costumes become unrecognizable and become part of the artist’s imagination.

SEX AND SURREALIST PICTURES (1992-1996)

Le corps est au centre de l’image même si l’artiste est totalement absente. Pour composer ses natures mortes mêlant masculin et féminin, elles utilise des fragments de mannequins. Montrant une sexualité aussi explicite que déshumanisée, elle frôle le grotesque et réduits le corps à des orifices béants.
The body is at the center of the image even if the artist is totally absent. To compose her still lifes mixing male and female, she uses fragments of mannequins. Showing a sexuality as explicit as it is dehumanized, the work verge on the grotesque reducing the body to gaping orifices.

FAIRY TALES (1985)

Une petite fille qui aime se déguiser et a beaucoup d’imagination est attirée par les contes de fées, les histoires de sorcières et de monstres. Se faire peur, affronter l’horreur et l’étrangeté inquiétante est pour Cindy Sherman une façon de se préparer à l’impensable.
A little girl who likes to dress up and has a lot of imagination is drawn to fairy tales, stories of witches and monsters. To fear herself, to face the horror and the disturbing strangeness is for Cindy Sherman her way to prepare for the unthinkable.

DISASTERS (1986-1987)

L’artiste approfondit son exploration du grotesque, de l’horreur et de l’épouvante pour basculer dans le registre du trash et du gore. Scènes de chaos, paysages désolés ou natures mortes étranges, elle pousse au paroxysme l’imagerie hallucinatoire et dérangeante.
The artist deepens her exploration of the grotesque, of horror and terror moving into the register of trash and gore. Scenes of chaos, desolate landscapes or strange still lifes, she pushes hallucinatory and disturbing imagery to the limit.

HISTORY PORTRAITS (1989-1990)

Dans cette série, Cindy Sherman s’attaque à la tradition occidentale du portrait peint, s’appropriant les thèmes et le langage des maîtres anciens sur un mode artificiel. Elle parodie le style et les codes de la représentation pour inventer ses propres portraits.
In this series, Cindy Sherman confronts the Western tradition of painted portraiture, appropriating the themes and the language of the old masters in an artificial way. She parodies the style and codes of representation to invent her own portraits.

MASKS (1994-1996)

Le masque devient ici le sujet même de la composition. Sherman y trouve une façon de se cacher, nous rappelant que derrière le masque, il n’y a souvent personne.
The mask here becomes the very subject of the composition. Sherman finds a way to hide there, reminding us that behind the mask, there is often no one.

CLOWNS (2003-2004)

La figure du clown marque un point d’orgue dans la dimension carnavalesque du travail de Cindy Sherman. Elle s’en approprie les codes tout en les caricaturant. Cette série marque une étape dans le passage de l’analogique au numérique.
The figure of the clown marks a high point in the carnival dimension of Cindy Sherman’s work. She appropriates the codes while caricaturing them. This series is the beginning of the artist’s transition from from analog to digital.

LANDSCAPES (2010-2012)

Situées dans la suite des murals, ces grandes prises de vues panoramiques aux allures de cinémascope ont été réalisées pour Pop Magazine en collaboration avec Chanel.
Following the murals, these large cinemascope-like panoramic shots were taken for Pop Magazine in collaboration with Chanel.

SOCIETY PORTRAITS (2008)

Pour cet univers d’apparat, Cindy Sherman s’affiche dans un univers de classicisme luxueux. En 2008, elle perçoit un changement sur son visage : « A présent, il ne s’agit plus de rajouter des rides mais d’utiliser celles que j’ai pour raconter autre chose. »
For this ceremonial universe, Cindy Sherman appears in a universe of luxurious classicism. In 2008, she noticed a change in her face: « Now it’s no longer a question of adding wrinkles but of using those I have to tell something else. »

HEADSHOTS (2000)

Cindy Sherman mime des « comédiennes ratées ou tombées dans l’oubli qui posent pour des portraits afin de retrouver un emploi. » Les headshots nous parlent d’illusion perdue et de vieillissement dans un ton sévère et tendre.
Cindy Sherman mimics « failed or forgotten actresses who pose for portraits in order to find a job. » The headshots tell us about lost illusion and ageing in a severe and tender tone.

FASHION (2007-2008/2016-2018)

Réalisés au XXIe siècle, les travaux créés en collaboration avec Balenciaga et Harper’s Bazaar obéissent au nouveau régime iconographique de la mode qui passe désormais par les réseaux sociaux. Elle délivre une série de clichés street style en accord avec les codes des « influenceuses ». Elle juge le selfie « so vulgar » mais ses poses ont annoncé la vague d’une mise en scène de soi décomplexée.
Realized in the 21st century, the works created in collaboration with Balenciaga and Harper’s Bazaar obey the new iconographic regime of fashion which now passes through social networks. She delivers a series of street style shots in accordance with the codes of « influencers ». She judges the selfie « so vulgar » but her poses announced the wave of an uninhibited self-staging.

MEN (2019-2020)

Dans cette première série complète consacrée aux hommes, les personnages, lorsqu’ils ne sont pas solitaires, sont accompagnés d’un double, potentiellement féminin. Elle réinvente les codes de représentation d’une masculinité ambiguë qui brouille les frontières entre les genres.
In this first complete series devoted to men, the characters, when they are not lonely, are accompanied by a double, potentially female. She reinvents the codes of representation of an ambiguous masculinity that blurs the usual distinctions between genders.